Allocution du St Père le 06 juillet
« La chasteté ’préserve’ l’amour authentique » a affirmé ce dimanche le pape Jean-Paul II, dans son allocution avant la prière de l’Angélus en présence de plusieurs milliers de pèlerins réunis place Saint Pierre. Le pape rappelait qu’aujourd’hui se termine la célébration du centenaire de la mort de sainte Marie Goretti.
« Que dit aux jeunes d’aujourd’hui cette jeune fille fragile mais mûre sur le plan chrétien, par sa vie et surtout par sa mort héroïque ? s’est interrogé le pape.
« Marietta - c’est ainsi qu’on l’appelait familièrement - rappelle aux jeunes du troisième millénaire que le vrai bonheur exige le courage et l’esprit de sacrifice, le refus de tout compromis avec le mal et d’être disposé à payer de sa personne, y compris en allant jusqu’à la mort, sa fidélité à Dieu et à ses commandements » a déclaré Jean-Paul II.
« Combien ce message est actuel ! a-t-il poursuivi. Aujourd’hui, on exalte souvent le plaisir, l’égoïsme et même l’immoralité, au nom de faux idéaux de liberté et de bonheur. Il faut réaffirmer clairement que la pureté du cœur et du corps doit être défendue, car la chasteté ’préserve’ l’amour authentique ».
« Que sainte Marie Goretti aide tous les jeunes à faire l’expérience de la beauté et de la joie de la béatitude évangélique : ’Bienheureux les cœurs purs, car ils verront Dieu’ (Mt 5, 8) », a-t-il déclaré.
« La pureté de cœur, comme toutes les vertus, a expliqué le Saint Père, exige un entraînement quotidien de la volonté et une constante discipline intérieure. Elle exige surtout un recours assidu à Dieu dans la prière ».
« Les multiples occupations et les rythmes de la vie accélérés, a-t-il poursuivi, font qu’il est parfois difficile de cultiver cette importante dimension spirituelle. Les vacances d’été, cependant, qui pour certains commencent précisément ces jours-ci, peuvent devenir une occasion propice pour redonner du souffle à la vie intérieure, si elles ne sont pas « brûlées » dans la dissipation et le simple divertissement ».
La dépouille de Marie Goretti se trouve à Nettuno, au sud de Rome. Elle fut assassinée le 6 juillet 1902, à l’âge de 11 ans, par Alessandro Serenelli, un jeune qui avait tenté de la violer. Pie XII la canonisa le 24 juin 1950, la présentant comme « la petite et douce martyre de la pureté ».
(Dimanche 6 juillet 2003 - ZENIT.org)
BIOGRAPHIE DE MARIA GORRETI
Maria, appelée familièrement Marietta, née le 16 octobre 1890 à Corinaldo en Italie, région montagneuse de la Province d’Ancône, d’une famille de cultivateurs. La pauvreté les pousse à émigrer non loin de là dans les Marais Pontins, encore insalubres, à Nettuno ( Ferrière di Conca ), au diocèse d’Albano. Maria perdit son père très tôt et s’appliqua à aider sa mère à tenir la maison et à élever ses frères et soeurs.
Elle n’avait que douze ans lorsqu’arriva le drame qui devait faire de cette toute jeune fille une martyre. Un voisin, âgé de dix-huit ans, nommé Alessandro, se prit de passion pour elle et lui fit des avances de plus en plus pressantes. Marietta résista. Elle comprenait que ce qu’on lui demandait était un péché. « Non, disait-elle à Alessandro Dieu ne veut pas. »
Celui-ci se laissa dominer par sa passion. Le 5 juillet 1902 profitant de l’absence de sa mère, il s’introduit dans la maison, et lui demande de choisir : lui céder ou mourir. Maria choisit la mort, sachant, sans peut-être l’avoir 1u dans l’Évangile, qu’il vaut mieux craindre d’offenser Dieu, car c’est offenser l’amour, que de craindre ceux qui tuent le corps et ne peuvent faire plus. Alessandro, ne se maîtrisant plus, s’acharne sur la jeune fille.
Blessée de quatorze coups de poignard. Maria mourut le lendemain à l’hôpital où elle avait été transportée d’urgence, après avoir pardonné à son meurtrier.
On parle de miracles qui eurent lieu sur sa tombe. Mais le plus remarquable fut sans aucun doute la conversion d’Alessandro. Celui-ci ne manifesta d’abord aucun remords dans sa prison. Puis, un songe dans lequel il vit sa victime lui offrir une fleur, le bouleversa. Lorsqu’il recouvra la liberté, en 1929, il s’empressa d’aller trouver la mère de Marietta, et obtint son pardon. Fait rare, sinon unique dans l’histoire des saints, il assista à la béatification de sa victime, le 27 avril 1947.
(D’après Marcel Driot, le Saint du Jour aux éditions Mésiaspaul)