|
« Mettez-vous dans la tête que vous n’avez pas à vous soucier de préparer votre défense »
O amour puissant de mon Dieu ! Qu’il est bien vrai qu’il n’y a rien d’impossible à celui qui aime. Heureux celui qui jouit d’une telle paix de son Dieu, qui domine toutes les souffrances et tous les périls du monde. Il n’en redoute aucun, dès qu’il s’agit de servir un tel Maître, et il a bien raison... Une pensée s’offre à moi qui s’applique aux personnes naturellement craintives et peu courageuses... Même lorsqu’elles sont réellement élevées à l’état dont je parle, leur faible nature s’effraie. Il faut alors bien prendre garde, parce que cette faiblesse naturelle pourrait nous faire perdre une magnifique couronne. Quand vous sentirez, mes filles, ces atteintes de la crainte, recourez à la foi et à l’humilité ; et, fortifiées par la conviction que rien n’est impossible à Dieu (Lc 1,37), abordez votre entreprise. Il a bien pu fortifier tant de jeunes saintes, qu’il a rendues capables d’endurer tous les tourments qu’elles s’étaient déterminées à s upporter pour lui !
Ce qu’il demande, c’est une détermination qui le rende maître de notre libre arbitre, car de nos efforts il n’a nul besoin. Notre Seigneur se plaît au contraire à faire resplendir ses merveilles chez les plus faibles de ses créatures, parce qu’il peut alors plus librement déployer son pouvoir et satisfaire son désir de nous accorder ses bienfaits...
Laissez de côté les objections de votre raison, et méprisez votre faiblesse. Celle-ci ne ferait que grandir si vous vous arrêtiez à réfléchir si vous réussirez ou non... Ce n’est pas le moment de songer à vos péchés ; laissez-les de côté. Cette humilité n’est plus alors de saison, elle est tout à fait hors de propos... Soyez certaines que le Seigneur n’abandonne jamais ceux qui l’aiment et qui s’exposent pour lui seul.
Pensées sur l’amour de Dieu, ch. 3, 4-6 LN/C (trad. OC, Cerf 1995, p. 929) |