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15 février 2005

« Dieu ne m’a pas oublié, perspectives pour les célibataires »
deux chapitres à lire pour découvrir le livre

« Que peut répondre celui pour qui « rien ne se passe » à tous ceux qui lui demandent : « Qu’est-ce que tu deviens ? » Difficile de parler de son devenir quand on est dans une situation durablement statique, chômage, célibat, absence d’enfants », fait remarquer Dominique de Monléon que nous suivons dans les deux chapitres de son livre « Dieu ne m’a pas oublié, perspectives pour les célibataires » (Ed. Saint-Paul).

I. QU’EST-CE QUE TU DEVIENS ?

Ne le sais-tu pas ? Ne l’as-tu pas entendu dire ? LE SEIGNEUR EST UN DIEU ETERNEL. Isaïe, 40, 28 B.J.

Que peut répondre celui pour qui « rien ne se passe » à tous ceux qui lui demandent : « Qu’est-ce que tu deviens ? » Difficile de parler de son devenir quand on est dans une situation durablement statique, chômage, célibat, absence d’enfants ... ; même si la question fait plaisir parce qu’elle est posée avec beaucoup d’attention et de gentillesse, il est des moments où l’on répondrait plus facilement à : « Comment vas-tu ? ».

Prières, neuvaines, retraites de discernement, rien n’y fait : la vocation ne vient pas, le désir du mariage est encore là ; les années passent. On en est toujours au même point. A plusieurs reprises on a cru en sortir. Une relation amicale semblait remplie de promesses et pourtant on a été renvoyé à la « case départ » sur laquelle on est retombé un peu sonné et encore plus seul. Pendant ce temps-là, d’autres ont « pris le train » et le Seigneur les a merveilleusement exaucés : Antoinette a rencontré le fiancé providentiel, Jacques a compris l’évidence de son appel au sacerdoce, Geneviève a déménagé dans un appartement déniché grâce à saint Joseph, Jean est embauché pour un C.D.I. toujours grâce à saint Joseph, Marc est muté à Bordeaux, Anne attend son troisième...

Si c’était le secret du cœur qui devait répondre à la question « Qu’est-ce que tu deviens ? », à bien considérer les choses, il en aurait long à dire ! Grâce à l’habitude de la prière et à la vie en présence de Dieu, le cœur devient plus grand, plus large, plus profond, plus lumineux ; il guérit et porte de plus en plus de fruits ! Dilaté, simplifié, apaisé, il devient le lieu de la Rencontre. Que d’événements dans le silence, en vue de l’éternité, et non du provisoire !

Et Dieu, que devient-il dans son éternité ? « Ne le sais-tu pas ? Ne l’as-tu pas entendu dire ? Le Seigneur est un Dieu éternel ! » Il ne « devient » pas, il EST. Ce qu’il aime, c’est d’abord ce que chacun « est » et non ce qu’il « devient » car il nous a créés à son image et à sa ressemblance.

II. LES MEANDRES D’UNE VIE

« C’est que vos pensées ne sont pas mes pensées et mes chemins ne sont pas vos chemins
-  oracle du Seigneur- c’est que les cieux sont hauts, par rapport à la terre : ainsi mes chemins sont hauts, par rapport à vos chemins, et mes pensées, par rapport à vos pensées. » Isaïe 55, 8-9 TOB

Certains fleuves coulent tout droit jusqu’à la mer ; leur tracé est clair, net, efficace. Pour d’autres fleuves, la mer doit attendre patiemment boucles et retours avant de les voir déboucher. Dans des directions parfois opposées à celles de leur destination, ces fleuves semblent perdus, désorientés. « Cessez de tourner, chers fleuves, remettez-vous dans le bon sens ! ». Mais eux n’y peuvent rien, ils obéissent aux mouvements du terrain et ils avancent, confiants malgré leur lenteur ; certes, ils ne comprennent pas leur trajet ; pourtant, en restant dociles aux aléas du sol, ils irriguent beaucoup plus de terre que s’ils allaient tout droit ; et l’oiseau qui plane au-dessus d’eux admire la beauté de tant de courbes.

De même, dans nos vies, les événements peuvent désorienter ; on ne sait plus où l’on en est, où l’on va. Pourtant, des années plus tard, se dessine un fil conducteur : la Providence était bien présente. Mieux qu’un aigle, des cieux, Dieu voit chaque existence dans sa beauté, dans son ensemble et sans perdre aucun détail : ses projets sont infiniment au-dessus de nos courtes vues humaines. « Ce qui à nos yeux est une impasse peut être aux yeux du Seigneur une voie royale » (Père Alain Bandelier). Au Ciel, nous comprendrons que tous ces événements mystérieux, tous ces retours en arrière, toutes ces attentes, étaient un chemin d’une extraordinaire fécondité. Si nous sommes déroutés par le creux d’une longue boucle de méandre, retrouvons Foi et courage car « Dieu est le maître du monde et de l’histoire. Mais les chemins de sa providence nous sont souvent inconnus. Ce n’est qu’au terme, lorsque prendra fin notre connaissance partielle, lorsque nous verrons Dieu « face à face » (1 Co 13,12), que les voies nous seront pleinement connues. » (Catéchisme de l’Eglise catholique n° 314).

CITE DU VATICAN, lundi 14 février 2005 (ZENIT.org)

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