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Dominum et Vivificantem - 1986
En priant ainsi, sans cesse l’Eglise professe sa foi : il y a dans notre monde créé un Esprit qui est un Don incréé. C’est l’Esprit du Père et du Fils : comme le Père et le Fils, il est incréé, immense, éternel, tout-puissant, Dieu, Seigneur(293). L’Esprit de Dieu « remplit l’univers », et tout ce qui est créé reconnaît en lui la source de sa propre identité, découvre en lui son expression transcendante, se tourne vers lui et l’attend, l’invoque de tout son être. Vers lui, Paraclet, Esprit de vérité et d’amour, se tourne l’homme qui vit de vérité et d’amour, et qui, sans la source de la vérité et de l’amour, ne peut pas vivre. Vers lui se tourne l’Eglise, qui est au coeur de l’humanité, afin d’implorer pour tous et de dispenser à tous les dons de l’Amour qui, par lui, « a été répandu dans nos cœurs »(294). Vers lui se tourne l’Eglise sur les chemins escarpés du pèlerinage de l’homme sur la terre ; et elle demande, elle demande sans se lasser, la rectitude des actes humains, car elle est son œuvre ; elle demande la joie et la consolation que lui seul, le vrai Consolateur, peut apporter en descendant au plus profond des cœurs humains(295) ; elle demande la grâce des vertus qui méritent la gloire céleste ; elle demande, par la communication plénière de la vie divine, le salut éternel auquel le Père a éternellement « prédestiné » les hommes, créés par amour à l’image et à la ressemblance de la très Sainte Trinité.
L’Eglise, qui inclut en son cœur tous les cœurs humains, demande à l’Esprit Saint la béatitude qui trouve en Dieu seul sa réalisation totale : la joie que « nul n’enlèvera »(296), la joie qui est le fruit de l’amour et donc fruit de Dieu qui est Amour ; elle demande « la justice, la paix et la joie dans l’Esprit Saint », qui constituent, selon saint Paul, « le Règne de Dieu »(297).
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