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4 octobre 2005

L’ordination des hommes mariés n’est pas la réponse au manque de prêtres
Déclarations du rapporteur du synode

ROME, Lundi 3 octobre 2005 (ZENIT.org) - L’Eglise pourrait-elle, pour faire face à la pénurie de prêtres, ordonner des fidèles mariés ? Le rapporteur du synode, le cardinal Angelo Scola a présenté cette question, que certains se posent, au synode des évêques réuni ce lundi pour sa première session.

Le cardinal Scola a précisé que certains, « guidés par le principe ‘salus animarum suprema lex’ [le salut des âmes est la loi suprême, ndlr], avancent la requête que soient ordonnés des fidèles mariés, de foi et de vertu sûres, les viri probati ».

« La demande est souvent accompagnée par la reconnaissance positive de la bonté de la discipline séculaire du célibat sacerdotal, explique le cardinal Scola dans son « Rapport avant le débat général ».

Ces mêmes personnes affirment toutefois, explique-t-il que « cette loi ne devrait pas empêcher de doter l’Eglise d’un nombre adéquat de ministres ordonnés, au cas où la pénurie de candidats au sacerdoce célibataire atteindrait des proportions extrêmement graves ».

Le patriarche de Venise estime qu’il « n’est pas nécessaire d’insister ici sur les raisons théologiques profondes qui ont amené l’Eglise latine à unir l’attribution du sacerdoce ministériel au charisme du célibat ».

« Mais une question s’impose, affirme-t-il : ce choix et cette pratique sont-ils viables sur le plan pastoral même dans des cas extrêmes comme ceux que l’on vient de mentionner ? »

« Etant strictement lié à l’Eucharistie, a expliqué le cardinal Scola, le sacerdoce ordonné participe de sa nature de don et ne peut être l’objet d’un droit. S’il est un don, le sacerdoce ordonné doit être sans cesse demandé. Il est alors très difficile d’établir le nombre idéal de prêtres au sein de l’Eglise, puisqu’il ne s’agit pas d’une “entreprise” qui aurait besoin d’un certain nombre de “cadres” ! »

« Sur le plan pratique, l’urgence impérative du ‘salus animarum’ pousse à réaffirmer avec vigueur, surtout ici, la responsabilité que chaque Eglise particulière a, à l’égard de l’Eglise universelle, et par conséquent à l’égard de toutes les autres Eglises particulières. Les propositions qui seront présentées à cette Assemblée synodale en vue d’identifier les critères pour une distribution plus adéquate du clergé dans le monde seront d’une grande utilité. A ce sujet, il semble que le chemin à accomplir soit encore long », a souligné le rapporteur du synode.

« Il convient peut-être de rappeler aussi que, au cours de l’histoire, la Providence a appuyé la valeur prophétique et éducative du célibat, a conclu le cardinal Scola, en demandant entre autres une disponibilité spéciale pour le ministère sacerdotal dans les différentes formes de vie consacrée, dans le respect de leur charisme et de leur histoire. On peut citer ici la pratique de l’ordination des moines dans les Eglises orientales ou dans la tradition bénédictine ».

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