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2 août 2006

Saint Pierre-Julien Eymard, SSS - 1(811-1868)

Saint Pierre-Julien né à La Mure (38), c’est encore à La Mure qu’il va rendre l’âme, au cours d’un voyage. Ses obsèques seront célébrées, le 2 août 1868, dans l’église paroissiale où il avait reçu le Baptême, et qui est maintenant la « chapelle du Père Eymard ». Inhumé au cimetière attenant, son corps fut exhumé en 1877 et transféré dans la chapelle de la maison mère de sa Congrégation, au grand scandale des habitants de La Mure qui dénonçaient « le vol de leur Saint ».

Le cheminement de Pierre-Julien Eymard vers le sacerdoce, de même que sa vie de prêtre, furent marqués par la Croix. Dans la société française, il y avait un fort anticléricalisme. De plus, la famille Eymard était pauvre, et le père de Pierre-Julien était opposé au choix de carrière de son fils. Un premier essai pour parvenir au sacerdoce se solda par un échec à cause d’une grave maladie. Entré par la suite au Grand Séminaire de Grenoble, il fut ordonné prêtre de ce diocèse le 20 juillet 1834, à 23 ans.

Le Père Eymard, comme séminariste et jeune prêtre, fut influencé par une spiritualité de réparation, et il devra lutter tout au long de sa vie pour chercher cette perfection intérieure qui pourrait l’habiliter à offrir à Dieu le don de sa personnalité ; ce fut probablement l’intensification de ce souci de perfection spirituelle, jointe au désir d’accomplir de grandes choses pour Dieu, qui ont conduit le Père Eymard à la vie religieuse. Le 20 août 1839, le Père Eymard devenait membre de la Congrégation Mariste.

1839-1856 : Les années Maristes

Pierre-Julien, malgré sa faible santé, était un prêtre religieux d’une énergie et d’une capacité de travail exceptionnelles. Voyages, correspondances, prédication, direction spirituelle et responsabilités de supérieur provincial ne lui laissait pas tout le temps désiré pour s’adonner fréquemment à la contemplation.

Il demanda à son supérieur Général, le Père Jean-Claude Colin, la permission d’écrire une règle eucharistique pour le Tiers-Ordre de Marie, dont il était, lui, Pierre-Julien, le directeur. Le Père Colin refusa. Néanmoins, l’idée d’une telle règle était déjà inscrite dans l’esprit et le cœur du Père Eymard.

1856-1868 : Les années SSS (Congrégation du Saint-Sacrement)

Fonder la Congrégation du Saint-Sacrement ne fut pas une tâche facile. Pour répondre à l’Esprit de Dieu en tant que Fondateur, le Père Eymard s’est retrouvé au milieu de conflits de personnalités, des situations embarrassantes, des inquiétudes financières, ce qui acheva de ruiner sa santé. Sa première difficulté fut d’obtenir l’approbation de la fondation de la Congrégation par plusieurs évêques locaux. Quand cette approbation arriva, le Père Eymard ouvrit sa première communauté sur la rue d’Enfer, à Paris.

En donnant son autorisation à l’Oeuvre de la préparation à la première communion, Monseigneur Sibour, archevêque de Paris, avait compris que l’intuition d’Eymard n’était pas simplement limitée à l’adoration du Saint-Sacrement, mais consistait à rejoindre activement ceux qui étaient en dehors de l’Église et de les évangéliser. Le Père Eymard a orienté son ministère d’abord vers les enfants et les jeunes travailleurs qui constituaient un large secteur de la main-d’œuvre à Paris.

A peine avait-il commencé avec quelques hommes qu’il lui fallut fermer cette maison et déménager à un autre endroit. Cela se produisit deux fois en l’espace de quelques années. Ces premières communautés Eymardiennes ont été si pauvres qu’en plusieurs occasions, les religieuses d’un couvent voisin ont du pourvoir à la subsistance des pères et des frères. Ce manque de nourriture et de logement n’a pas aidé le Père Eymard pour attirer des vocations.

« Don de soi »

Le Père Eymard est passé peu à peu d’une spiritualité de réparation à une spiritualité centrée sur l’amour du Christ, étape marquée d’une grâce reçue en 1845. Trois ans avant sa mort, il fit une longue retraite à Rome où il fut entièrement subjugué par la force de l’amour du Christ en lui et dont il sentit qu’il prenait totalement possession de sa personne.

Anticipant le renouveau de l’Église amené par les deux Conciles du Vatican, le P. Eymard voyait prêtres, diacres, religieux et laïcs voués aux valeurs spirituelles célébrées et contemplées dans la célébration Eucharistique et dans la prière devant le Saint Sacrement.

(Texte d’après la biographie sur le site de la Congrégation : http://www.blessedsacrament.com)

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