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L’Euthanasie : quelques repères


Extrait d’un article publié sur Christicity.com

EUTHANASIE, HISTOIRE ET PERSPECTIVE

[...] La confusion entre euthanasie (geste posé par le médecin dans l’intention de donner la mort) et refus de "l’acharnement thérapeutique" est entretenue avec complaisance (..). Le refus des "soins disproportionnés" ou d’une "obstination déraisonnable" est une constante qu’expriment les militants pro-euthanasie comme les opposants à cette pratique, ainsi que les soignants sensibilisés aux soins palliatifs. Cet amalgame volontaire entre euthanasie et interruption des soins disproportionnés permet d’obtenir spontanément l’adhésion du lecteur au concept euthanasique. Où en est le débat aujourd’hui ? On assiste aujourd’hui à une offensive insidieuse des partisans du droit au suicide médicalement assisté. Les soins palliatifs. sont souvent présentés comme une forme d’abandon, de renoncement aux soins. L’adjectif " palliatif " renvoie à l’idée d’insuffisance. L’acharnement thérapeutique, même quand il prend la forme d’une " obstination déraisonnable " condamnée par l’Ordre semble préférable aux soins palliatifs qui évoquent, aux yeux du plus grand nombre, l’idée de mort imminente. On oppose souvent palliatif à curatif alors que ces deux formes de soins se conjuguent dans la réalité. Il faut constater que l’opinion publique est troublée, d’autant plus que les expressions " accompagner la vie " ou " mourir dans la dignité ", que revendiquent respectivement les associations JALMAV et l’ADMD, entretiennent la confusion entre soins palliatifs et euthanasie, la première préconisant un accompagnement humain des personnes en fin de vie, la seconde revendiquant comme l’ultime expression de la dignité le droit à la mort volontaire pour les patients réputés incurables par la Faculté. Quelle détresse et quel manque d’espérance dans cette ambition de domestiquer la mort par l’euthanasie !

Cinq propositions de loi tendant à favoriser le développement des soins palliatifs et l’accompagnement ont été déposées au parlement en 1999 et le nouveau débat sera décisif pour réfuter clairement et ouvertement ce mélange des genres. Les formes nouvelles de combat alternatif contre l’euthanasie. " Perversion de la pitié ", pour citer la si juste expression de Jean-Paul II, l’euthanasie est un défi à l’amour. C’est par les œuvres de vraie compassion que notre société génère naturellement des antidotes : solidarité familiale, accompagnement et soins palliatifs pour soulager la douleur, regard d’amour sur le malade... Les formes nouvelles de combat alternatif qui se font jour pour contrer l’offensive des tenants de la mort médicalisée dans les hôpitaux ou à domicile, passent d’abord par l’étude et la recherche scientifique, politique et philosophique sur la stratégie des lobbies pro-euthanasie, l’évolution de ce phénomène culturel, le détournement du concept de dignité, les conséquences de la " moralisation " du suicide, les critères de la mort actuellement acceptés.

Pratiquement, les priorités d’action stratégiques sont :
o la défense du droit du malade à une mort naturelle et à une information claire, compréhensible et adaptée sur ses soins et son état de santé (en propageant par exemple des déclarations individuelles exigeant de la part de l’équipe de soin le respect de la dignité humaine du patient et de sa mort naturelle) ;
o l’exigence d’une véritable transparence des établissements hospitaliers sur leur politique à l’égard de la vie et de la mort (à travers la délivrance de labels informant les malades et leur famille) ;
o la promotion du droit à congé d’accompagnement pour les proches des personnes en fin de vie qui exercent une activité professionnelle. L’avis du médecin On prétend aujourd’hui que les médecins s’opposeraient à " une reconnaissance légale d’une pratique que leur code de déontologie proscrit, mais à laquelle ils accèdent par humanité " (L’Express du 12 novembre 2001).

La désinformation est évidente. La question est bien de savoir quelle est l’attitude la plus humaine. Si le code de déontologie proscrit l’euthanasie, c’est justement par humanité. Parce que nous ne pouvons nous résoudre à abandonner le souffrant, parce que la solution de facilité consiste à dire que nous ne pouvons plus rien faire pour lui, parce que l’attitude profondément humaine exige d’entendre l’appel au secours qui nous est lancé dans toute revendication euthanasique même si elle remet violemment en cause la prise en charge de la douleur et plus fondamentalement la qualité du regard posé sur le malade. À ceux qui prétendent que la dignité est perdue lorsque survient la dépendance, qui nous assurent qu’ils revendiqueront alors la mort afin de "mourir dans la dignité", on omet de leur rappeler que, par une incroyable et scandaleuse prétention, ils s’arrogent ainsi le droit de juger et de nier la dignité de toute personne souffrante, de toute personne dépendante. L’approche de la mort est un des moments où l’on vit le plus, où l’on vit le plus intensément. La quête de vérité et de réconciliation, l’interrogation philosophique et religieuse sont présentes avec une grande intensité et vont transformer le mourant et ses proches. La fin de vie doit donc être entourée et protégée, il faut tout faire pour soulager la douleur tout en préservant la conscience du mourant. Mais ce chemin est décapant et certains disent préférer mourir plutôt que vivre leur mort. Alors, " maîtriser sa mort " en la fuyant voilà encore un argument bien léger.

Xavier Mirabel, cancérologue, agence Décryptage, 12/XI/01 sur www.christicity.com

A voir également sur le site : L’Evangile de la vie - Encyclique de Jean-Paul II

 

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